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Lycées en région

Avec les élèves du lycée Marc Chagall, autour du spectacle Les Îles singulières 

Les Îles singulières est un spectacle mis en scène par Jonathan Mallard, adapté du roman de Jean-Baptiste Del Amo, Le sel. Il raconte l’histoire d’une famille sétoise qui s’apprête à se réunir pour dîner. A la mort du père, Louise, la mère, convie ses trois enfants, Albin, Fanny, Jonas et leurs conjoints respectifs à un repas de famille.

On suit alors la journée qui précède ce dîner, et on y découvre une famille remplie de blessures et de non-dits. La figure d’Armand, le père, est très présente dans les souvenirs qu’ils nous partagent. Chacun tente de trouver la raison de leurs appréhensions liées à l’idée de se réunir. Les récits s’entremêlent et divergent, se concurrencent. Cinq jeunes comédiens évoluent avec fluidité et interprètent l’ensemble des personnages.  

Retour en vidéo sur les ateliers

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ateliers

Deux classes de Seconde du Lycée Marc Chagall participent, après la venue au spectacle, à des ateliers menés par Jonathan Mallard, metteur en scène, et Paul Vuaille, comédien. 

Pour découvrir la pratique théâtrale à partir d’exercices liés aux thématiques du spectacle, chaque classe est divisée en deux groupes qui travaillent avec un intervenant différent.  
 

Le double cerveau du comédien  

Avec Jonathan Mallard, les élèves investissent le plateau de la Grande salle de la Comédie. 
Fort d’une formation et d’expériences de comédien, danseur et metteur en scène, Jonathan va leur donner, au cours de cette journée, un aperçu de la rigueur, de la complexité d’être comédien. Tout au long de la journée, chaque exercice permet d’explorer le “double cerveau”. Il pointe ainsi la difficulté pour le comédien de jouer un rôle, de prétendre tout en étant conscient de la mise en scène, et de ses partenaires.

Il va donc chercher à taquiner l’esprit des élèves. Dès l’échauffement, ils apprennent à désynchroniser leurs membres, jouent au “chat twisté”. Leurs neurones et jambes sont mis à rude épreuve. Ils apprennent ensuite à chanter en canon, la concentration et l’écoute sont primordiales. 

Le mensonge au théâtre 

Jonathan s’intéresse ensuite à la question du mensonge au théâtre, et interroge les participants : est-ce qu’un acteur est un menteur ? Quand est-il “vrai”, “juste” : quand il ment bien ? Ou plutôt quand son rôle se rapproche au mieux de la réalité ?  

Chaque élève va ensuite raconter une anecdote qu’il a préparée, les autres devinent collectivement si elle est vraie ou fausse. Tout est analysé : la voix, le regard, la position, le langage corporel. Les élèves jouent le jeu, s’amusent à mentir, à trouver des stratagèmes pour duper, affinent le mensonge.  

Enfin, un dernier exercice leur est proposé, inspiré du spectacle de Pina Bausch, Kontakthof, interprété par de jeunes adolescents amateurs du monde de la danse, et qui a beaucoup marqué Jonathan. 
Chaque lycéen prépare une anecdote d’amour en tête, vraie ou fausse, qui leur appartient. Tous en ligne, sur des chaises au fond du plateau, chacun murmure son anecdote en boucle, inaudible pour le public. 
Un élève, qui détient un micro, vient mettre en lumière, arbitrairement, leurs discours. Il l’arrête quand il veut, rebondit d’une histoire à l’autre, crée une nouvelle histoire à partir de ces fragments. Le chœur de murmures s’amplifie, les bribes d’anecdotes deviennent brouhaha, avant que tout se calme et ne revienne qu’un seul chuchotement, choisi par le porteur du micro. Un à un, ils se lèvent et sortent de scène. Cet exercice met en lumière leur parole et leur singularité. 

S’approprier un personnage, réécrire une histoire 

Avec Pierre Vuaille, au studio, les élèves commencent par analyser ensemble les souvenirs de la pièce vue le mois précédent, retrouvent les liens de parentés, éclaircissent les situations.
Individuellement, ils retracent le parcours du personnage qui les a le plus marqué, confrontent leurs souvenirs du spectacle aux aprioris qu’ils ont calqués sur ces trajectoires de vie. Mémoires individuelles et mémoire collective se superposent alors, comme dans le spectacle Les Îles singulières.  

L’après-midi est ensuite consacré à des improvisations à partir du spectacle. 
Le premier groupe crée la scène qui n’aura jamais lieu dans le roman, ni dans la pièce : le dîner final. De nouvelles querelles émergent, certains non-dits se poursuivent. Le second groupe improvise lui à partir de trois scènes extraites de la pièce : la séparation d’Albin et Emilie, la confrontation Fanny / Louise, et la scène du restaurant entre Jonas et Louise. De nouveaux détails apparaissent, certains personnages se trouvent totalement transformés sous le regard des lycéens.  
Chaque groupe propose deux fois son improvisation, afin de mieux explorer la mise en scène, et certaines caractéristiques des personnages. Le reste de la classe, spectateur, joue alors aussi un rôle, en proposant des indications de mise en scène. Tout le monde participe ! 

Improvisations et cadavres exquis

Edwin Halter, assistant à la mise en scène du spectacle, et Julia Roche, interprète du rôle de Fanny, tous les deux membres de la Jeune Troupe – de Reims à Colmar, ont mené deux journées d’atelier avec des classes du Lycée Marc Chagall.

Après s’être rappelé les moments forts du spectacle, et avoir répondu aux questions des élèves, un échauffement zip/zap réveille les corps et les voix de chacun. Ce jeu, qui paraît anodin, permet en réalité d’expérimenter les sensations qu’on a sur un plateau.

Leur travail aujourd’hui va porter sur des improvisations collectives sous forme de cadavres exquis, autour des thématiques et personnages du spectacle.

En duo, face à face, les élèves associent un geste à un mot, une situation. Ils retiennent que la première idée est toujours la meilleure : ne pas trop réfléchir et se lancer sont les objectifs de l’exercice. Face à face il faut tenir le regard de l’autre et apprendre à le regarder.

Plusieurs courts exercices gravitent autour du cadavre exquis. Chacun son tour, ils complètent une histoire commune, guidés par les intervenants qui partagent le temps de parole entre les élèves, ou bien en faisant circuler un livre. Leur imagination est débordante.

Enfin, la journée se clôture avec une dernière improvisation autour du spectacle Les Îles singulières.

Les élèves forment un demi-cercle face au public. Ils inventent de nouveaux personnages qui font tous partie de la famille d’Armand et Louise. Chacun leur tour, ils viennent se présenter à nous, en imaginant les liens existant avec les autres membres de la famille. Ils s’amusent à se mettre en difficulté en créant des situations embarrassantes, cocasses ou tragiques. L’écoute est primordiale, pour maintenir la crédibilité de cette improvisation.

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Précédemment

Avec les élèves du lycée Marc Chagall, autour du spectacle Fanny

Féminisme, intersectionnalité, droits sociaux… Comment des lycéens perçoivent-ils les codes et modes de pensée (profondément renouvelés) d’aujourd’hui ?

Fanny est un spectacle créé par la compagnie Moon Place et O’Brother Company, accueilli du 16 au 19 novembre à la Comédie – CDN de Reims.
Fanny vit en couple avec Dorian depuis longtemps. Ces cinquantenaires décident de sous-louer une chambre d’amis pour un.e étudiante. Alice emménage dans leur vie et bouleverse leur vision du féminisme. Avec elle, ce sont tous les codes et modes de pensées qui vont se renouveler. Commande d’écriture à la québécoise Rébecca Déraspe, Fanny est une histoire drôle, légère et parfois improbable où les termes de « non-binarité », « mansplaining » et « pansexualité » font partie du quotidien.


Durant trois jours, trois classes de Seconde du lycée Marc Chagall questionnent ces thématiques avec le metteur en scène Rémy Barché, son assistante Mélicia Baussan, et les comédiennes Gisèle Torterolo et Juliette Cahon autour du spectacle.

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Ateliers

Les classes sont divisées en trois ateliers avec trois intervenants, qui travaillent une même matière artistique sous trois angles différents. Après des exercices d’échauffement (voix, corps, espace, mime…), chaque groupe a pu improviser ou préparer de petites mises en scène à partir d’extraits du texte de Rébecca Déraspe.

Improvisations autour d’une annonce

Dans le spectacle, Fanny annonce une grande nouvelle à Dorian. Après la lecture de cette scène, les élèves s’interrogent tout d’abord sur la notion de liberté et de partage au sein du couple : « ça ne veut pas dire qu’ils ne s’aiment plus, elle a besoin de plus d’air… ».

Puis ils doivent imaginer dans lesquelles ils ont une nouvelle compliquée à annoncer au reste du groupe, et provoquer une réaction. 

L’improvisation est un exercice difficile, pourtant ils se lâchent, et proposent des situations justes, comiques ou non. Souvent c’est Rémy qui doit les arrêter, c’est difficile de trouver une fin…

De la drague ? Du harcèlement ?

Scène ordinaire dans un bar : Alice rejette un homme venu la draguer lourdement. Une femme doit-elle forcément être accostée par un homme dans un bar ? Est-elle là pour ça, à sa disposition ? Et pourquoi ce ne serait pas l’inverse ?

Les réactions des élèves diffèrent selon les classes : certains trouvent Fanny violente, méfiante, d’autres la comprennent, la défendent. Mais s’accordent pour dénoncer l’attitude de l’homme, indéfendable. Maintenant, à eux d’imaginer la suite, que se passe-t-il entre les deux personnages ?

Chœur et corps

Le théâtre est également le lieu du collectif. Qu’il s’agisse d’habiter ensemble le plateau, notamment au travers de la danse, ou de déclamer ensemble un texte, les élèves apprennent à faire ensemble.

Trois textes servent de matière : l’incipit du spectacle dans lequel Fanny évoque son rapport à l’âge, au temps qui passe ; un texte de Rébecca Déraspe sur la notion d’intersectionnalité ; et une évocation de l’attentat de Montréal de 1989. Chaque groupe est amené à décortiquer, et interpréter son texte dans une mise en scène libre. L’attentat de Montréal de 1989, méconnu en France, résonne en eux. L’intersectionnalité semble une notion déjà connue pour cette génération.

Dans ces exercices collectifs, on adopte un ton sérieux, engagé, mais on s’amuse, on danse, on apprend ensemble. La liberté qui leur est confiée les responsabilise.

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Visite

Le parcours inclue également une visite, au cours de laquelle les élèves découvrent les coulisses, les métiers de la création, et le fonctionnement du Centre dramatique national.

 

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Ce projet est financé par la Région Grand Est.
Projet coordonné au lycée Chagall par Céline Tétard et Claudie Sacksteder.

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