Quinze voix, âgées de 16 à 62 ans, s’unissent ou se répondent pour chanter l’amour, divin ou terrestre, et nous entraînent vers une douce et sensuelle hypnose.

Alignées, vêtues de blanc, les femmes dansent en se balançant, pour remémorer en une longue ondulation aux courbes sinueuses, le mouvement des vagues de l’océan. Les chants et danses deba, pratiqués exclusivement par les femmes et les jeunes filles, évoquent les grandes cérémonies soufies fêtant la naissance du Prophète.
Tirés des livres sacrés, les chants sont donnés en langue arabe. Cet art prend place dans différents contextes. Lorsqu’il se fait louange, les danseuses viennent accueillir les pèlerins à leur retour de la Mecque ; le deba est alors donné entre l’aéroport et le village. Il peut tout aussi bien constituer un rite expiatoire durant la période du ramadan ou une gratification à Dieu à l’occasion d’une fête villageoise. De plus en plus, le deba se pratique lors des différentes solennités ; dans ce cas, la danse se déroule dans le bandra bandra, lieu richement décoré.
Dans une logique de transmission, les jeunes filles prennent le temps de s’exercer au deba. Le plus souvent, ces séances d’apprentissage se déroulent à la madrassi, autrement dit l’école coranique. Parfois, elles répètent dans les cours des écoles ou tout simplement là où il y a de la place, sous le regard des doyennes.
La danse est établie sur une gestuelle très minimaliste des bras, des mains et de la tête. L’harmonie du tout tient au fragile équilibre entre mouvements d’ensemble et mouvements individuels. Cet effet de résonance et de grâce est amplifié par les bijoux ornant le corps de ces femmes, ainsi que par leurs robes aux couleurs chatoyantes.
